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Toi qui a un gros ventre/des poignées d’amour/une moustache/des grands pieds : est-ce que je te tripote ? Non, je ne le crois pas. Alors soyons clair : on ne touche pas non plus le ventre d’une femme enceinte. Comme le tripotage des grandes oreilles, c’est interdit. Toi que je croise juste à la machine à café, cesse de tripoter mon ventre.

Enceinte, notre corps ne nous appartient plus tout à fait. Certes, un locataire s’y installe quelques mois et on n’est plus seule, mais c’est un choix personnel qui ne regarde personne. Et le problème n’est pas là. C’est ce « ah bon ? » qui devient quasi quotidien, comme si ce ventre appartenait désormais à l’espace public. Et tout d’un coup, les gens s’autorisent à poser des questions qu’ils ne poseraient absolument pas en temps normal, et des intrusions que toute personne saine d’esprit trouverait très choquantes.

Tu ne sais pas QUI a lavé cette salade ?

Et tiens, toi toujours, que je croise à la machine à café, et qui me demande si « vraiment ?? » je compte boire ce café-non-décaféiné-avec-de-la-caféine. Cesse, aussi. Je joue encore bien la femme enceinte épanouie et sûre d’elle, mais je pourrais bien te répondre bientôt un peu aimable « de quoi je me mêle ? ». Malheureusement, le contrôle social ne se limite pas au café, il est présent partout. « Ah bon, tu manges du fromage ? », « ah bon, tu manges cette salade alors que tu ne sais pas qui l’a lavée ? », « ah bon, tu manges une huître ? »

Et voilà l’effet pervers de cette surveillance sociale : je n’assume pas tout à fait la dernière réponse. J’avoue avoir culpabilisé d’en avoir mangé trois pendant les fêtes. Et aussi du foie gras, mais je jure sur la tête de Babychou qu’il était bien cuit. (« QUOI???? » Entends-je ma collègue s’étouffer avec son café-court-sucré)

Tripotage de ventre, questions culinaires, mais aussi interrogations très indiscrètes. Je me souviens, lors de ma première grossesse, d’une collègue qui m’avait demandé sans aucune gêne si ce bébé était désiré ou un accident. Hum. Comment dire. Vraiment ?

Nouveaux jeux de société

Nouveaux jeux de société

Non, non. Juste l’envie de reprendre le clavier. Et une bonne résolution pour 2015 : raconter à nouveau ici mes VRAIS problèmes. Pas régler le problème de la dette, de la pauvreté et de la faim dans le monde, ou trouver un remède contre le cancer. Non, non. Des trucs vraiment importants.

Une famille qui s’agrandit, une vie dans une plus-tout-à-fait nouvelle ville où quand Babychou me demande (assez souvent) ces temps-ci « Pourquoi il pleut ? » je réponds : « Parce qu’on est à Nantes ». Le coup de vieux l’émotion de voir son enfant entrer à l’école, les réunions (magiques) de parents d’élèves, les jeux de société pour les enfants de 3 ans et +, réaliser du tac au tac une dissert’ orale sur des questions telles que « C’est quoi l’amour ? » ou « Est-ce que quand je serai grand tu seras morte ? », et un peu de temps aussi, j’espère, pour penser à soi.

Bref, ce blog reprend du service. Et c’est aussi l’occasion de vous souhaiter une très belle année 2015. Je vous souhaite du temps (ou de trouver une organisation du tonnerre) pour réussir à tout concilier dans vos vies.

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Ami lecteur, je dois me rendre à l’évidence. L’inspiration n’y est plus. L’envie s’étiole. D’ailleurs, mes billets sont de plus en plus rares. Je préfère donc faire une pause, avant que ce blog ne devienne une corvée. L’idée de cet espace, c’était de raconter mon quotidien de jeune-maman-expatriée-à-Montréal dès que ça me chantait. Et là, ça me chante moins.

Ami lecteur, je n’ai pas (encore) trouvé le Jean Coutu de Montpellier, sa gentille caissière et ses fiches sur le diabète. J’ai sans doute, aussi, envie de raconter autre chose.

Ami lecteur, j’espère te retrouver bientôt sur un autre blog. Mais je reviendrai sûrement ici, parce que j’aurai toujours des vrais problèmes.

A bientôt!

Lorsque je suis arrivée au Québec, je me suis adaptée à certains usages, comme par exemple faire la queue pour attendre le bus, demander à tout bout de champ aux gens comment ils vont, serrer la main plutôt que de faire la bise, etc. Eh bien là, depuis mon retour en France, je me surprends à devoir faire le processus inverse, et je me retrouve parfois dans des situations un peu gênantes. Exemples.

Le sourire un peu gêné

J’ai donc pris l’habitude de demander à tout le monde comment ça va. Bien souvent, je reçois en réponse un sourire soit gêné qui signifie un truc du genre mais-de-quoi-elle-se-mêle-cette-folle, un peu comme lorsque je répondais à la gentille caissière du Jean Coutu. Ou alors, un sourire amusé qui doit vouloir dire tiens-elle-est-drôle-celle-là.

Ah ici la bise, c’est 3!

J’avais oublié à quel point en France tout le monde, tout le temps, se fait la bise. Et le truc c’est qu’à Montpellier, on s’en claque 3. Si j’ai le malheur de n’en faire que 2 (ce qui est déjà pas mal vous en conviendrez), on me répond : « Ah non ici, c’est trois! », et me voilà repartie pour un 3ème tour. Mais POURQUOI 3? Je n’ai pas encore la réponse mais j’y travaille.

Et non seulement c’est 3 bisous, mais en plus c’est tout le temps! J’ai même dû me coltiner une série avec la babysitter de Babychou. Et j’avoue avoir été choquée, oui, choquée, qu’elle me tende la joue. Et là je me dis : soit je vieillis, soit il était vraiment temps de rentrer en France.

Non mais tu vas pas rentrer là?

J’avais aussi un peu oublié la proximité dans les transports en commun. Ça m’a valu quelques déconvenues. Et notamment la fois où à Paris, j’ai laissé passer 5 trams alors qu’il ne faisait pas chaud-chaud parce que je n’arrivais pas à me lancer. Je voyais les autres voyageurs pousser pour rentrer. Les portes qui ne se fermaient pas parce que tout simplement, il y avait TROP de monde. Mais ils sont peut être arrivés plus rapidement que moi. J’ai mis 1h15 pour un trajet qui se fait en 45 minutes.

C’est oui ou c’est non?

Les Québécois ne disent pas franchement non. Ils ont une manière très habile de décliner une proposition. C’était assez déroutant puisque je me souviens avoir rencontré des gens, et notamment pour le boulot, avec qui le contact passait super bien, être sortie de la rencontre en pleine confiance, et réalisé 5 minutes plus tard que le gars venait de me dire non.

Les Français, eux, disent rarement oui. Pas plus tard que la semaine dernière, j’ai eu au téléphone une boîte qui affichait sur son site internet : « nous recrutons! » (oui, il y avait bien le point d’exclamation). Qu’à cela ne tienne, vu mon parcours et les métiers de la boîte, je postule parce que je sais que mon profil peut coller. Je propose même de venir leur rendre visite, en tout bien tout honneur, histoire de faire connaissance. La fille que j’ai au téléphone est alors complètement perdue. « Oui mais non mais attendez mais là c’est à dire qu’on est débordés et puis on a pas vraiment de travail alors bon ». Moi : « mais je croyais que vous recrutiez? » Elle : « Oui mais non enfin c’est à dire qu’on est débordés » Moi : « Ben justement je peux peut être vous aider » Elle : « Oui mais non ne venez pas on a pas le temps, on vous rappellera, merci » Moi : « Bienvenue ».

Bienvenue. J’ai répondu « bienvenue » tellement j’étais sidérée. Alors que je ne l’ai jamais dit au Québec. Il paraît qu’il faut un an pour se réadapter.

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Voilà. Après trois ans et demi passés au Québec, je dois me réhabituer au clavier azerty. On oublie vite, et j’ai peur de vite oublier mon immersion montréalaise. Alors je me concentre fort fort fort pour me souvenir de tout. Je suis partie depuis 8 jours et il me semble que ça fait une éternité.

Pour l’instant, je me souviens surtout de nos trois derniers jours au pays de Babychou, qui a passé Noël à l’hôpital. Tout est rentré dans l’ordre à présent, mais ça a franchement terni la fin de notre séjour. Attente aux urgences, aller-retour interminables entre notre maison temporaire et l’hôpital, tempête de neige que dis-donc-c’est-sympa-la-neige-mais-elle-ne-tombe-pas-très-très-bien-cette-tempête, attente, sortie de l’hôpital et Babychou qui nous fait ce cadeau de faire ses premiers pas au Québec.

Et puis finalement, le trajet en taxi pour aller à l’aéroport, et l’impression de ne pas réaliser du tout ce qui est en train de se passer.

Je pensais, pour ce dernier billet québécois, écrire une lettre d’amour au Québec. Mais cette lettre attendra un peu. Que Babychou, Chéri et moi atterrissions.

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