You are currently browsing the category archive for the ‘Uncategorized’ category.

On est pas toujours la mère qu’on aimerait être. Il y a la mère Instagram, parfaite, dont la maison est parfaite, qui s’occupe – elle – de son logis, qui aime toujours et en tous temps s’occuper de ses enfants. Et d’après ce qu’elle nous dit, même quand elle est épuisée, même si « cette fois, j’ai crié, alors que je ne crie jamais« , « c’est génial de m’occuper de mes enfants« . Et puis il y a la mère indigne, moi. Moi, m’occuper de mon logis, c’est pas mon truc, je ne vais pas chercher mes enfants tous les jours et j’en suis ravie, mais attention, hein ! J’adore mes enfants, j’adore les voir grandir, mais j’adore encore plus m’en occuper le week-end. La semaine, pour moi, c’est de la gestion, du management. Et je suis nulle à ça. J’adore m’en occuper, mais j’adore plus m’en occuper quand leur père, Chéri, est là.

Ce soir, alors que Chéri est parti « pour le travail« , j’ai imaginé deux fins de journées. Deux perceptions : la mère indigne et la mère Instagram.

Mère indigne – 16h54 : Ok, ce soir je suis zen, super zen, zen, zen, zen, zen. J’adore mes enfants, ils sont super mignons, je vais passer de bons moments avec eux en tête à tête pendant l’absence de Chéri. Ces moments-là sont précieux, il faut que j’en profite. Ca va être super. Oui, su-per.

Mère Instagram – 17h36 : Chouette, j’ai une bonne excuse pour aller chercher les enfants ! Ma babysitter doit renoncer à s’occuper de la chair de notre chair, elle doit faire un stage les lundi-mardi-mercredi-jeudi pendant le second semestre et Chéri est en déplacement. C’est l’occasion d’aller chercher Babychou à son cours d’éveil musical, pour qu’il s’éveille musicalement en cuivres. Et puis tiens, avec Poulette que je vais récupérer juste avant, nous pourrons peut-être encourager Babychou.

Mère indigne – 17h36 : Merde merde merde merde merde. Quelle connasse cette babysitter de nous planter la veille de la rentrée pour ses putain de stages les lundi-mardi-mercredi-jeudi !! Putain il FAUT que j’aille récupérer les DEUX alors qu’il PLEUT !!! Et il faut que je parte genre : dans 5 minutes !!!!

Mère Instagram – 17h37 : Ouch, il faut que je parte dans 3 minutes. Et il pleut. Mais où est le problème ? Les enfants aiment la pluie et ils sont en bottes ! Ils ne sont pas en sucre après tout !

Mère indigne – 17h37 : Ok, aller chercher Poulette, puis Babychou. Mais c’est tellement pénible cet éveil musical le mardi soir !! On aurait dû lui acheter une flûte à bec, et hop, ça fait trompette ! Alors là, je vais partir discrétos du boulot. Ni vue ni connue, je fais genre je pars en rendez-vous. Mais il pleut putain, et en plus je suis grillée !!

Mère Instagram – 18h10 : Ouf ! Poulette n’est pas dernière chez la nounou ! Elle est taquine et veut absolument son papa. Il faut dire que son papa est gaga d’elle. Elle en fait ce qu’elle veut – Ha ha ha (rire avec les cheveux qui bougent) ! Avec Maman, ce n’est pas la même affaire. « Poulette, tu mets tout de suite tes bottines en cuir, Maman et Poulette doivent aller chercher Babychou à l’éveil musical ! » Poulette s’exécute immédiatement, folle de joie à l’idée de retrouver son grand frère adoré.

Mère indigne – 18h10 : Ouf ! Poulette n’est pas dernière chez la nounou ! Sauf qu’elle refuse de venir avec moi et exige son père. « Non Poulette, ce soir, c’est Maman, et il faut y aller, sinon Babychou va rester seul dans le petit parc à côté de la salle où il fait de la musique. » Elle s’en contre-carre. Elle s’amuse à cacher son manteau, ses bottes en caoutchouc, pas en cuir, rapport au fait qu’elle ne veut aucune autre botte que celles-ci :

image1

Recommence une nouvelle fois, jusqu’à ce que, devant la nounou qui acquiesce (parce que ça devient relou et que la nounou a elle aussi envie de rentrer chez elle), je sois obligée de dire : « soit tu t’habilles seule tranquillement, soit c’est Maman, et ce sera moins tranquille. » Poulette est assez sensible à la menace. Elle finit par s’habiller.

Mère Instagram – 18h13 : Poulette est d’accord pour mettre ses bottines en cuir, à condition qu’elle les mette seule.

Mère indigne – 18h13 : Sous la menace, Poulette est d’accord pour mettre ses bottes en caoutchouc, à condition qu’elle les mette seule.

Mère Instagram – 18h17 : Poulette est d’accord pour mettre son manteau, à condition qu’elle le mette seule.

Mère indigne – 18h17 : Sous la menace, Poulette est d’accord pour mettre son manteau, à condition qu’elle le mette seule.

Mère Instagram – 18h20 : Poulette veut un dernier bisou de sa nounou. C’est tellement merveilleux ces bonnes relations.

Mère indigne – 18h20 : Poulette veut un dernier bisou de sa nounou. C’est long.

Mère Instagram – 18h23 : Poulette veut ouvrir seule la porte, et la refermer. Que c’est attendrissant cette volonté d’autonomie !

Mère indigne – 18h23 : Poulette veut ouvrir seule la porte, et la refermer. C’est long. Mais je préfère ça plutôt qu’une crise.

Mère Instagram – 18h26 : Nous allons tranquillement chercher Babychou à l’éveil musical, après tout ce n’est pas bien loin ! Et nous en profiterons pour parler de nos journées 🙂 !

Mère indigne – 18h26 : Il faut donc courir pour aller chercher Babychou, dont l’éveil musical s’achève à 18h30. Et comme Poulette n’avance pas parce qu’elle préfère « cueillir des fleurs » sur le trottoir sale (et que clairement, elle n’avance pas vite, et que clairement, il pleut, et qu’il fait nuit), je la porte et je cours. J’ai chaud, mal au bras, elle pleure. Elle pleure parce qu’elle voudrait cueillir des fleurs en suçant sa tétine. Elle se débat aussi un peu, ce qui rend le trajet assez pénible.

Mère Instagram – 18h36 : Ouf ! Le prof est en retard, les enfants n’ont pas fini. Poulette est tellement en avance sur son âge qu’elle veut absolument aller participer au cours de son frère. Avec tendresse et pédagogie, je lui explique que son heure n’est pas encore venue de s’exercer à la trompette. D’abord, elle fera du piano. Elle râle un peu parce qu’elle aurait préféré le violon mais finalement, elle sèche ses petites larmes mignonnes dans mes bras.

Mère indigne – 18h36 : Ouf ! Le prof est en retard, les enfants n’ont pas fini. Poulette a arrêté de pleurer. Elle veut rentrer dans la salle d’où sortent les mélodies. Malheureusement pour elle (et pour nous, rapport à ses pleurs), c’est impossible. La présence d’autres enfants calme sa colère. Elle est désormais sur ses gardes. Je respire. Je vois une autre maman qui allume une cigarette. Je me dis que j’en fumerais bien une. Je me souviens que j’ai arrêté. Et je me dis que la soirée va être longue.

Mère Instagram – 18h40 : Babychou sort de son cours, plein de gratitude pour tout ce qu’il a appris et, s’enquérant de son repas à venir, est ravi à l’idée de manger des légumes.

Mère indigne – 18h40 : Babychou sort de son cours, et aussitôt, voyant les autres parents avec des baguettes de pain à la main, m’en réclame. Râle parce que je n’en ai pas. Je pense un instant en demander aux autres mais je renonce et je lance, alors qu’une soupe était prête pour le dîner : « ok, qu’est-ce qui vous ferait suuuuuuper plaisir ce soir ? » « De la glaaaaaaaaace ! s’écrient en coeur Poulette et Babychou ». « Non mais avant la glace ? » « Des pâtes et du jamboooooooooooon !! » « Ok vendu. Mais vous avez intérêt à être sages, sinon, pas de glace« . Tout d’un coup, ils sont sages comme des images. La soirée se présente mieux.

La semaine dernière, j’ai cassé une boule à neige. Je sais, c’est moche. C’était le matin, il fallait s’habiller, et Poulette, qui se fout(ait) complètement de cette boule à neige rapportée de voyage par son père, voyant son frère jouer avec ce matin-là, a immédiatement réclamé son jouet. Babychou s’est évidemment pris de passion pour cette putain de boule à neige. C’était parti : une dispute matinale pour une putain de boule à neige merdique (mais le petit animal était mignon).

IMG_3646[1]

Je l’avoue ici, ma patience n’est pas ma plus grande qualité. Me voilà donc, sur les coups de 8h12, alors qu’il faut quitter la maison à 8h25, devoir gérer cet échange un peu musclé entre mes deux enfants EN PYJAMA. J’ai d’abord essayé le dialogue, pensant à ces mères qui donnent des cours de parentalité positive sur Internet (je les hais) :

« – Poulette, si tu demandes gentiment ta boule à neige à ton frère, peut-être qu’il sera d’accord pour te la rendre. »

Là, ma fille, qui connaît son frère par coeur, le regarde sans rien dire, pleurant un « MA boule à neige !!!! » Son frère râle un peu plus fort : « tu peux bien me la prêter !!!!!! » Moi : « demande gentiment à ton frère Poulette ». « MAAAAA BOUUUULE A NEEIIIIIIIIIGE » « Mais tu peux bien me la prêter !!!! » « MAAAAAAAAAAAAAAAAAA BOUUUUUUUUUUUUULE A NEIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIGE !!!!!!!!!!!!!! » Et ça continue comme ça bien 3 minutes.

Et c’est à ce moment-là que j’explose : je m’empare de l’objet du délit, et de rage, je le jette par terre. La boule se casse en mille morceaux, l’eau qui était dedans se répand sur le sol. La tour Eiffel est brisée. Un silence. Puis, mes enfants me regardent, anéantis par le spectacle de cette boule à neige éparpillée (et peut-être par la réaction de leur mère), leurs petits coeurs se serrent et ils explosent en sanglots.

Alerté par tant de pleurs, Chéri sort de la salle de bain, fait monter les enfants en larmes et je nettoie ce qu’il convient d’appeler une connerie.

Finalement on se fait tous de gros câlins, les larmes sont séchées, je préviens la nounou de ma fille que Poulette pourrait parler dans la journée de son traumatisme du matin. « Alors si elle te parle d’une boule à neige, c’est normal. Maman a eu une grosse colère ce matin. » Je réfléchis ensuite à cette grosse colère et me dis que vraiment, des fois, je suis conne. Et je pars au boulot, et en quête de DEUX boules à neige. Histoire de réparer leur traumatisme et prévenir l’avenir.

Aéroport et magasin de souvenirs

Mais oui mais sauf que si tu ne passes pas par un aéroport ou un magasin de souvenirs super moche, tu ne trouves pas de putain de boule à neige !! Personne n’achète de boule à neige ! Ca ne sert à rien une boule à neige !! J’ai profité d’un déplacement professionnel pour m’enquérir d’un quelconque magasin de souvenirs, demandé au gars de l’hôtel, à des commerçants (« ah mais ça ne se fait plus madame »), à une vendeuse qui m’a regardée comme si j’étais complètement timbrée d’acheter une boule à neige (« une quoi ?? »), rien ! Je suis rentrée bredouille !

Aujourd’hui nous sommes jeudi, je ne travaille pas. J’ai anticipé, mené mon enquête, passé des coups de fils et tadaaaaaaa ! J’ai trouvé deux fucking boules à neige !!!

IMG_3648[1]

J’offre leurs boules à neige à mes petits. Ils sont ra-vis. A peine les manteaux retirés, ils ouvrent leurs boîtes avec gourmandise. Chacun a sa boule, ils sont contents, moi aussi. Je tourne la tête pour attraper un mouchoir pour Poulette et j’entends comme un bruit de verre qui se casse mais en plus « liquide ». Babychou dénonce sa soeur, puis je l’entends dire « Non Poulette, tu as cassé ta boule, celle-là c’est MA boule ».

IMG_3651[1]

(Vu comme ça ils sont assez flippants ces lapins)

Sinon, Babychou était malade l’autre jour (décidément ça ne va pas fort pour ces enfants dans cette famille doivent se dire les services sociaux en lisant ces lignes). Je suis restée avec lui pendant deux jours. Le premier jour il était tellement cuit que j’ai pu bouquiner peinarde, mais le lendemain, il allait beaucoup mieux. Du coup on a joué au Monopoly tout l’après-midi. Oui touuuuuut l’après-midi. Et je dois l’avouer, avec joie. Ca veut dire que j’ai un peu de patience, non ?

 

 

fraise-tagada

Depuis un mois, je fais un truc de fou une fois par semaine : du cross-fit. Pendant une demie heure (et c’est bien suffisant), je saute, je gaine, je fais des pompes, je ne comprends rien à ce que le prof demande de faire donc je regarde les autres.

Pour les fous furieux, ça ressemble à ça :

Mais en vrai je suis plutôt comme ça : (et c’est plutôt ça dans la vraie vie #corporate)

Aujourd’hui, le prof a annoncé une séance « Tagada ». Je me suis dit « chouette, des bonbecs après chaque exo, quelle bonne idée » ! Et puis bon, comme j’étais la seule réjouie, j’ai compris que ça devait pas être le bon mot. Du coup j’ai regardé sur internet en rentrant, et c’était en fait une séance « tabata », ce qui n’a rien à voir. Puisque là, l’idée, c’est que tu enchaînes 20 secondes d’exo, et 10 secondes de repos (qui à mon avis, sont très courtes pendant la phase repos).

J’ai parfois du mal à suivre, et toujours mal à la fin (et toute la semaine qui suit. La dernière fois, je pensais que mes courbatures étaient passées. Tu parles ! J’ai eu hyper mal au plus profond de mes abdos, je ne savais même pas qu’on en avait là). Mais ça fait du bien. Ca défoule.

Thon mayo, saucisses et fromage

Parce que ce midi, j’avais un peu besoin de me défouler. C’est qu’hier, on s’est engueulé avec Chéri. J’ai déjà raconté ici qu’il part régulièrement « pour le travail » (oui, j’adore le comique de répétition). Là, ça fait bien un mois qu’il n’est pas parti. Et du coup, c’est vrai qu’il s’occupe plus de la maison que moi. Il en fait même probablement plus que moi. Sauf que.

Quand je suis rentrée du boulot hier, les enfants passent à table. D’accord, Chéri avait préparé à manger. Au menu : thon mayo, saucisses, fromage. Euh, « tu n’as pas l’impression qu’il manque un truc mon chéri ? » (j’avoue, je n’ai pas tout à fait dit les choses comme ça). « DES LÉGUMES PAR EXEMPLE ??? » (Là j’ai dit ça sur ce ton là) Et là, ben ça l’a énervé. Il a crié, moi aussi. « J’en ai marre », a-t-il dit, « ça fait un mois que je fais TOUT. Je veux bien faire à manger mais tu pourrais faire des MENUS ! » « HAHA tu vois ce que ça fait quand c’est TOI qui part !! Et WHAT ??? Tu as un papier ? Tu as un stylo ? Eh bien tu te le fais ton menu ! » Bon après je crois avoir claqué une porte. Puis comme il avait oublié d’acheter de quoi faire un pique-nique pour la grève d’aujourd’hui, il est parti faire des courses.

Maman à la maison, Papa au travail

Du coup, moi, j’ai sorti des légumes du congèle. Pas de bol pour Babychou, il n’y avait que des épinards. Pour lui, la perspective de manger des épinards est à peu près aussi dégueulasse que de manger du vomi. Poulette, qui d’habitude adore les épinards, voyant son frère manquer de vomir son thon mayo et la demie cuillère d’épinard qu’il avait avalé après 10 minutes de négociation (d’une cuillère à soupe, on est passé à une demie un quart de cuillère à café), a décrété qu’elle n’aimait pas les épinards. J’ai utilisé un principe de base de l’éducation : le chantage. Pas d’épinards ? Eh bien tu n’auras pas ton bibi-colat. (Ca a marché)

Bref. J’en arrive au sujet qui m’intéresse et dont on parle beaucoup en ce moment : la charge mentale. Pour le ménage, on a vite compris que l’un de nous deux ne s’y collerait jamais (oui, c’est moi) et que c’était quand même débile de s’engueuler pour ça. On a donc embauché quelqu’un qui contribue à l’harmonie du foyer et à la paix du couple. Mais il y a tout le reste. Les lessives, le linge à plier, à ranger, les courses à faire, les repas à préparer, la babysitter à trouver pendant les déplacements de Chéri, les rendez-vous à prendre chez le médecin, penser à faire des courses pour le pique-nique du lendemain quand il y a grève à l’école. Bref, des trucs à penser et surtout, à anticiper.

Alors Chéri fait sa part. Vraiment. Il y a des trucs que je déteste faire et il s’en occupe sans monter sur ses grands chevaux, comme me disait ma mère quand j’étais ado. Mais quand même, je constate que nous sommes tous les deux dans un schéma en fait hyper traditionnel. Comme dans les catalogues de jouets, Maman s’occupe de la maison et de la vie quotidienne, et Papa part à l’aventure, joue avec les enfants et négocie avec les artisans pour les travaux de la maison.

C’est mieux si c’est moi qui fait

Ce n’est pas aussi caricatural que ça, mais je trouve super dur de lutter contre ce schéma. Parce que c’est aussi de ma faute : je me dis que trouver une babysitter, faire des menus ou plier le linge, ce sera mieux fait si c’est moi. Et Chéri l’a bien compris, du coup il ne le fait pas. Il est pas con mon mec, il n’a pas envie de se faire engueuler. Alors maintenant je prends sur moi quand le linge n’est pas bien plié (oui, chacun ses TOC), mais c’est vrai que je n’ai pas envie que les enfants aient des carences en vitamines. Ok c’est vrai, c’est pas grave si un soir ils ne mangent pas légumes. Mais quand même. Ca m’énerve.

Sinon, je suis représentante des parents d’élèves à l’école. Ca me fait tout drôle. La première réunion était cette semaine. Il y a deux papas et huit mamans. La numéro 1 a commencé : « bon alors, comment on s’organise pour la vente de gâteaux ? » Et là, je me suis dit que franchement, il y a encore du taf.

Donc je vais aller acheter un gâteau au supermarché, et je vais en profiter pour acheter plein de légumes. D’ailleurs Chéri n’aura plus que ça dans le frigo. Malin.

 
Lire le reste de cette entrée »

IMG_4612

Aujourd’hui, jeudi 5 octobre 2017, mon fils a 6 ans et une dent qui bouge. Tu t’en fous ? Tant pis. Il y a six ans, j’étais peinarde (enfin, mon corps n’était alors que contraction. D’ailleurs j’ai lu sur internet que la douleur ressentie pendant l’accouchement était l’équivalent de 20 fractures osseuses. Je suis d’accord, à condition qu’on parle de fractures très douloureuses.). Il y a un peu plus de six ans, donc, ma vie était simple. J’avais au centre de mes préoccupations un sujet principal : moi. Qui suis-je ? Ou erre-je ? Quel est le sens de la vie ?

Un peu plus tôt, Chéri est arrivé dans ma vie. Outre le bonheur d’avoir croisé son chemin, j’avais désormais un nouvel interlocuteur dans ma vie, avec qui je pouvais partager mes grandes interrogations et mes doutes. « Tu ne m’aimes pas, je suis sûre que tu ne m’aimes pas vraiment/on s’aime trop ça fait souffrir. Parle-moi/tais-toi. On n’a pas assez de projets ensemble (ce à quoi Chéri avait répondu : « mais, tu es enceinte, on va avoir un enfant » « oui mais c’est pas pareil »)/oh ça va, on est pas obligé de TOUT planifier non plus ! » Bref, j’avais enfin rencontré quelqu’un avec qui je pouvais être moi-même.

Jean, baskets et rouge à lèvre

Et puis Babychou est arrivé. Je pensais bêtement que je serais moins chiante mes grands questionnements disparaîtraient. Que je me mettrais du rouge à lèvre tous les jours, que je porterais des talons pour aller au travail, et surtout, que j’aurais la réponse à toutes mes questions. Non seulement je porte toujours des jeans et des baskets, mais j’ai autant de questions qu’avant.

Alors certes, j’ai avancé (à coup de 60 euros par semaine depuis quelques années, il faut ce qu’il faut). Les thèmes ont évolué. « Comment être femme, amante, mère (sans crier), amie, m’épanouir au travail tout en même temps ? » Alors je n’ai pas de réponse précise, mais j’ai imaginé un truc. Dans ma vie, avec deux enfants, un mari qui part souvent « pour le travail » (oui, j’adore la faire celle-là), un métier passionnant et des velléités d’entretenir un peu mon corps, très concrètement, je n’ai pas de temps. J’ai donc décidé de réduire mon temps de travail.

Pas folle la guêpe

A partir de très bientôt, je vais bosser à 80%. J’achète du temps. Mais, pas folle la guêpe, ma journée off ne sera pas le mercredi. Babychou et Poulette font leurs affaires, et pendant ce temps, le jeudi, maman se la coule douce. Habile, non ? Chouette, je vais avoir plein de temps pour me poser des grandes questions. Et venir ici un peu plus souvent.

12239580_10153159470861232_3139852962716378579_n

C’était un jour important pour Babychou, samedi. C’était la première fois qu’il était invité à dormir chez un copain. Ce matin-là, il a vu nos tristes mines au petit-dej.

J’avais envie, j’avais besoin de regarder jouer ma fille, de lui moucher le nez, de soigner son gros rhume, de discuter avec mon fils de 4 ans de ses projets d’aller en Afrique en fusée, de marcher sur la Lune et de répondre à toutes les questions qu’il se pose sur les dinosaures. J’avais envie de les serrer dans mes bras et ne plus les lâcher. Besoin de rester dans ce cocon familial, de pas sortir, de faire comme si rien ne s’était passé.

Depuis la veille, je bossais d’une main. Et puis j’ai quitté ce cocon pour y aller, au boulot.

Et mon fils m’a demandé :

– Pourquoi tu vas travailler ?

– Parce qu’il s’est passé des choses très graves cette nuit. Et il faut le raconter.

– Il s’est passé quelque chose de grave ?

– Oui, des méchants ont tué des gens qui s’amusaient.

– Pourquoi ?

– …

– Pourquoi des méchants ont tué des gens qui s’amusaient ?

– … Je ne sais pas.

« Je ne sais pas ». Je n’ai pas su lui expliquer. Que dire d’autre à un enfant de 4 ans qui rêve d’être le premier pirate à marcher sur la Lune ? A un petit garçon curieux de tout, qui aime aller vers l’autre, gentil, sensible, dont la couleur préférée est le bleu, qui adore son pyjama où il est écrit « super-héros », ses chaussettes crocodiles, qui aime les câlins et son doudou-chat ? Un petit garçon qui parle à ceux qu’il ne connaît pas, qui est émerveillé par les aventures, les vraies, et qui dit aux inconnus qu’il a eu un vélo pour son anniversaire ? Je ne vais quand même pas lui parler d’intégrisme, de terrorisme, de haine, de barbarie, de l’horreur qu’a vécu Paris ce vendredi soir ?

Je voudrais le protéger de ça, les protéger de ça. Qu’ils n’entendent jamais parler de ça. Je voudrais qu’ils restent dans notre cocon, qu’on continue à raconter des histoires, à inventer des histoires dont Babychou est le héros, qu’on fasse de la pâte à sel, qu’il me demande de jouer avec lui aux voitures.

J’ai répondu : « je ne sais pas ».

 

 

Archives

Catégorie

février 2018
L M M J V S D
« Jan    
 1234
567891011
12131415161718
19202122232425
262728