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fraise-tagada

Depuis un mois, je fais un truc de fou une fois par semaine : du cross-fit. Pendant une demie heure (et c’est bien suffisant), je saute, je gaine, je fais des pompes, je ne comprends rien à ce que le prof demande de faire donc je regarde les autres.

Pour les fous furieux, ça ressemble à ça :

Mais en vrai je suis plutôt comme ça : (et c’est plutôt ça dans la vraie vie #corporate)

Aujourd’hui, le prof a annoncé une séance « Tagada ». Je me suis dit « chouette, des bonbecs après chaque exo, quelle bonne idée » ! Et puis bon, comme j’étais la seule réjouie, j’ai compris que ça devait pas être le bon mot. Du coup j’ai regardé sur internet en rentrant, et c’était en fait une séance « tabata », ce qui n’a rien à voir. Puisque là, l’idée, c’est que tu enchaînes 20 secondes d’exo, et 10 secondes de repos (qui à mon avis, sont très courtes pendant la phase repos).

J’ai parfois du mal à suivre, et toujours mal à la fin (et toute la semaine qui suit. La dernière fois, je pensais que mes courbatures étaient passées. Tu parles ! J’ai eu hyper mal au plus profond de mes abdos, je ne savais même pas qu’on en avait là). Mais ça fait du bien. Ca défoule.

Thon mayo, saucisses et fromage

Parce que ce midi, j’avais un peu besoin de me défouler. C’est qu’hier, on s’est engueulé avec Chéri. J’ai déjà raconté ici qu’il part régulièrement « pour le travail » (oui, j’adore le comique de répétition). Là, ça fait bien un mois qu’il n’est pas parti. Et du coup, c’est vrai qu’il s’occupe plus de la maison que moi. Il en fait même probablement plus que moi. Sauf que.

Quand je suis rentrée du boulot hier, les enfants passent à table. D’accord, Chéri avait préparé à manger. Au menu : thon mayo, saucisses, fromage. Euh, « tu n’as pas l’impression qu’il manque un truc mon chéri ? » (j’avoue, je n’ai pas tout à fait dit les choses comme ça). « DES LÉGUMES PAR EXEMPLE ??? » (Là j’ai dit ça sur ce ton là) Et là, ben ça l’a énervé. Il a crié, moi aussi. « J’en ai marre », a-t-il dit, « ça fait un mois que je fais TOUT. Je veux bien faire à manger mais tu pourrais faire des MENUS ! » « HAHA tu vois ce que ça fait quand c’est TOI qui part !! Et WHAT ??? Tu as un papier ? Tu as un stylo ? Eh bien tu te le fais ton menu ! » Bon après je crois avoir claqué une porte. Puis comme il avait oublié d’acheter de quoi faire un pique-nique pour la grève d’aujourd’hui, il est parti faire des courses.

Maman à la maison, Papa au travail

Du coup, moi, j’ai sorti des légumes du congèle. Pas de bol pour Babychou, il n’y avait que des épinards. Pour lui, la perspective de manger des épinards est à peu près aussi dégueulasse que de manger du vomi. Poulette, qui d’habitude adore les épinards, voyant son frère manquer de vomir son thon mayo et la demie cuillère d’épinard qu’il avait avalé après 10 minutes de négociation (d’une cuillère à soupe, on est passé à une demie un quart de cuillère à café), a décrété qu’elle n’aimait pas les épinards. J’ai utilisé un principe de base de l’éducation : le chantage. Pas d’épinards ? Eh bien tu n’auras pas ton bibi-colat. (Ca a marché)

Bref. J’en arrive au sujet qui m’intéresse et dont on parle beaucoup en ce moment : la charge mentale. Pour le ménage, on a vite compris que l’un de nous deux ne s’y collerait jamais (oui, c’est moi) et que c’était quand même débile de s’engueuler pour ça. On a donc embauché quelqu’un qui contribue à l’harmonie du foyer et à la paix du couple. Mais il y a tout le reste. Les lessives, le linge à plier, à ranger, les courses à faire, les repas à préparer, la babysitter à trouver pendant les déplacements de Chéri, les rendez-vous à prendre chez le médecin, penser à faire des courses pour le pique-nique du lendemain quand il y a grève à l’école. Bref, des trucs à penser et surtout, à anticiper.

Alors Chéri fait sa part. Vraiment. Il y a des trucs que je déteste faire et il s’en occupe sans monter sur ses grands chevaux, comme me disait ma mère quand j’étais ado. Mais quand même, je constate que nous sommes tous les deux dans un schéma en fait hyper traditionnel. Comme dans les catalogues de jouets, Maman s’occupe de la maison et de la vie quotidienne, et Papa part à l’aventure, joue avec les enfants et négocie avec les artisans pour les travaux de la maison.

C’est mieux si c’est moi qui fait

Ce n’est pas aussi caricatural que ça, mais je trouve super dur de lutter contre ce schéma. Parce que c’est aussi de ma faute : je me dis que trouver une babysitter, faire des menus ou plier le linge, ce sera mieux fait si c’est moi. Et Chéri l’a bien compris, du coup il ne le fait pas. Il est pas con mon mec, il n’a pas envie de se faire engueuler. Alors maintenant je prends sur moi quand le linge n’est pas bien plié (oui, chacun ses TOC), mais c’est vrai que je n’ai pas envie que les enfants aient des carences en vitamines. Ok c’est vrai, c’est pas grave si un soir ils ne mangent pas légumes. Mais quand même. Ca m’énerve.

Sinon, je suis représentante des parents d’élèves à l’école. Ca me fait tout drôle. La première réunion était cette semaine. Il y a deux papas et huit mamans. La numéro 1 a commencé : « bon alors, comment on s’organise pour la vente de gâteaux ? » Et là, je me suis dit que franchement, il y a encore du taf.

Donc je vais aller acheter un gâteau au supermarché, et je vais en profiter pour acheter plein de légumes. D’ailleurs Chéri n’aura plus que ça dans le frigo. Malin.

 
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Aujourd’hui, jeudi 5 octobre 2017, mon fils a 6 ans et une dent qui bouge. Tu t’en fous ? Tant pis. Il y a six ans, j’étais peinarde (enfin, mon corps n’était alors que contraction. D’ailleurs j’ai lu sur internet que la douleur ressentie pendant l’accouchement était l’équivalent de 20 fractures osseuses. Je suis d’accord, à condition qu’on parle de fractures très douloureuses.). Il y a un peu plus de six ans, donc, ma vie était simple. J’avais au centre de mes préoccupations un sujet principal : moi. Qui suis-je ? Ou erre-je ? Quel est le sens de la vie ?

Un peu plus tôt, Chéri est arrivé dans ma vie. Outre le bonheur d’avoir croisé son chemin, j’avais désormais un nouvel interlocuteur dans ma vie, avec qui je pouvais partager mes grandes interrogations et mes doutes. « Tu ne m’aimes pas, je suis sûre que tu ne m’aimes pas vraiment/on s’aime trop ça fait souffrir. Parle-moi/tais-toi. On n’a pas assez de projets ensemble (ce à quoi Chéri avait répondu : « mais, tu es enceinte, on va avoir un enfant » « oui mais c’est pas pareil »)/oh ça va, on est pas obligé de TOUT planifier non plus ! » Bref, j’avais enfin rencontré quelqu’un avec qui je pouvais être moi-même.

Jean, baskets et rouge à lèvre

Et puis Babychou est arrivé. Je pensais bêtement que je serais moins chiante mes grands questionnements disparaîtraient. Que je me mettrais du rouge à lèvre tous les jours, que je porterais des talons pour aller au travail, et surtout, que j’aurais la réponse à toutes mes questions. Non seulement je porte toujours des jeans et des baskets, mais j’ai autant de questions qu’avant.

Alors certes, j’ai avancé (à coup de 60 euros par semaine depuis quelques années, il faut ce qu’il faut). Les thèmes ont évolué. « Comment être femme, amante, mère (sans crier), amie, m’épanouir au travail tout en même temps ? » Alors je n’ai pas de réponse précise, mais j’ai imaginé un truc. Dans ma vie, avec deux enfants, un mari qui part souvent « pour le travail » (oui, j’adore la faire celle-là), un métier passionnant et des velléités d’entretenir un peu mon corps, très concrètement, je n’ai pas de temps. J’ai donc décidé de réduire mon temps de travail.

Pas folle la guêpe

A partir de très bientôt, je vais bosser à 80%. J’achète du temps. Mais, pas folle la guêpe, ma journée off ne sera pas le mercredi. Babychou et Poulette font leurs affaires, et pendant ce temps, le jeudi, maman se la coule douce. Habile, non ? Chouette, je vais avoir plein de temps pour me poser des grandes questions. Et venir ici un peu plus souvent.

Ma Poulette

Ma Poulette

J’avoue, j’ai un peu failli à mes bonnes résolutions de début d’année. C’est qu’entre temps, j’ai donné la vie. Et ça, c’est une excuse imparable. Parce que non seulement j’ai donné la vie, mais j’ai déjà un enfant qui est muni de pas mal d’options. Et je n’ai pas trouvé la touche « pause » de Babychou. Ce qui fait qu’avec l’arrivée de Poulette, j’ai été pas mal prise.

Mais me revoilà, fraîche et reposée. Et prête à partir à la recherche d’une nounou pour ma fille. Je vais profiter encore un peu des longues conversations philosophiques avec elle, mais les places sont chères. Nous avons donc mis en place une stratégie assez habile pour trouver la perle rare : LE PARC. Cette sortie plutôt anodine mais quasi quotidienne avec un enfant de 3 ans et demi s’est avérée assez productive puisque nous en sommes repartis avec quatre numéros de téléphone.

Téléphone n°1 : déjà prise.

Téléphone n°2 : rencard. Mettons qu’elle s’appelle Martine. Martine a échoué à la question : « Et que faites-vous quand il pleut ? » Nous habitons à Nantes. A Nantes, il pleut. Réponse de Martine : « Je leur mets un petit dessin animé ! » Et, pensant sans doute nous rassurer, s’enfonce un peu plus : « Des jolis dessins animés, hein, avec des princesses et tout. »

Téléphone n°3 : rencard. Mettons qu’elle s’appelle Fabienne. Fabienne a échoué à la visite médicale. Ce n’est pas de sa faute, mais Fabienne est asthmatique. Mais pas pour de faux. Genre inhalateur et compagnie. Alors à la question : « Et vous allez où en sortie ?« , Fabienne a répondu : « Je ne sors pas en fait, en tout cas j’évite« . Rapport à son asthme. Alors certes, Poulette n’est pas bien grande, mais imaginer Fabienne prise d’une crise d’asthme en train de changer ma fille, j’ai eu peur.

Arnica et porte-bébé

Téléphone n°4 : rencard. La cerise sur le sunday. La crème de la crème. Le genre de nounou que quand tu la vois au parc tu te dis : « Ouah, elle est trop bien cette nounou. » Et tu fais attention à ce que tu dis tellement tu la veux, et tu espères que ta fille, qui fait 150 sourires par jour, va finir par lui en décrocher un. La nounou un peu énervante qui est la cheftaine du parc : elle distribue de l’Arnica à tous les gamins qui tombent, donne des conseils à toutes les mères parce qu’elle lit plein de bouquins que tu ne liras jamais. Celle qui devance toutes tes questions et qui a le ton juste avec ta fille. Bref, la nounou que tu veux.

Mettons qu’elle s’appelle Elodie. Elle travaille dans une MAM, c’est une maison d’assistantes maternelles. Elles sont trois dans une maison, et s’occupent ensemble des enfants. Une mini-crèche, quoi. Et Elodie, je suis allée la voir trois fois avant qu’elle ne dise banco. Et franchement, quand elle a dit oui, je me suis sentie aussi fière que quand j’ai eu le Bac. Et ça, ça fait bizarre.

Nouveaux jeux de société

Nouveaux jeux de société

Non, non. Juste l’envie de reprendre le clavier. Et une bonne résolution pour 2015 : raconter à nouveau ici mes VRAIS problèmes. Pas régler le problème de la dette, de la pauvreté et de la faim dans le monde, ou trouver un remède contre le cancer. Non, non. Des trucs vraiment importants.

Une famille qui s’agrandit, une vie dans une plus-tout-à-fait nouvelle ville où quand Babychou me demande (assez souvent) ces temps-ci « Pourquoi il pleut ? » je réponds : « Parce qu’on est à Nantes ». Le coup de vieux l’émotion de voir son enfant entrer à l’école, les réunions (magiques) de parents d’élèves, les jeux de société pour les enfants de 3 ans et +, réaliser du tac au tac une dissert’ orale sur des questions telles que « C’est quoi l’amour ? » ou « Est-ce que quand je serai grand tu seras morte ? », et un peu de temps aussi, j’espère, pour penser à soi.

Bref, ce blog reprend du service. Et c’est aussi l’occasion de vous souhaiter une très belle année 2015. Je vous souhaite du temps (ou de trouver une organisation du tonnerre) pour réussir à tout concilier dans vos vies.

Après Halloween, voici venir le temps des partys (prononcer «parté») de Noël! Au Québec, le mois de décembre est riche en rendez-vous sociaux. Les collègues de travail se réunissent chez un chef ou dans un lieu plus neutre, un resto ou un bar, et devisent sur l’année écoulée autour de quelques victuailles et autre boisson.

Ce genre de rendez-vous m’a toujours laissée songeuse. D’abord parce comme je suis journaliste, eh bien je n’ai jamais vraiment eu l’occasion d’y participer, faute d’être libre ce soir-là. Ensuite parce ce que ces partys concluent toute l’année de 5 à 7 des travailleurs.

Car cette tradition s’inscrit dans une coutume extrêmement répandue au Québec : le 5 à 7. Ami Français, pas de méprise, ce rendez-vous n’a rien de sexuel. Pour une rencontre professionnelle, tu fais un 5 à 7. Pour débriefer le discours de ton boss, tu fais un 5 à 7. Pour célébrer la sortie d’un livre, tu fais un 5 à 7. Pour fêter les 10 ans de ta boîte, tu organises un 5 à 7. Tu vas dans un bar avec tout ce monde là et tu bois des coups. Le «parté» de Noël est donc une sorte de méga 5 à 7.

Lors de notre première année ici, Chéri a participé à son premier «parté». Le pauvre, il a dû se rendre chez son chef avec un cadeau. La discussion a été longue et le choix ardu. Il avait opté pour le jeu des petits cochon. Ce qu’il ne savait pas, c’est qu’un jeu était organisé pour tirer les cadeaux au sort. Or, il ne connaissait pas les règles! Résultat : un de ses collègues s’est retrouvé dépité avec le jeu des petits cochons après avoir tenté toute la soirée de le refourguer. La deuxième fois, il avait prévu le coup. Il s’est pointé chez sa chef adjointe avec des cuisses de canards confites rapportées de France. Il a eu un succès fou et tous ses collègues se sont disputé sont lot!

Chéri a placé la barre très haut et je ne suis pas mécontente d’emmagasiner des points airloose. Car oui! Les conjoints ne sont pas invités. Quel dommage.

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