Après Halloween, voici venir le temps des partys (prononcer «parté») de Noël! Au Québec, le mois de décembre est riche en rendez-vous sociaux. Les collègues de travail se réunissent chez un chef ou dans un lieu plus neutre, un resto ou un bar, et devisent sur l’année écoulée autour de quelques victuailles et autre boisson.

Ce genre de rendez-vous m’a toujours laissée songeuse. D’abord parce comme je suis journaliste, eh bien je n’ai jamais vraiment eu l’occasion d’y participer, faute d’être libre ce soir-là. Ensuite parce ce que ces partys concluent toute l’année de 5 à 7 des travailleurs.

Car cette tradition s’inscrit dans une coutume extrêmement répandue au Québec : le 5 à 7. Ami Français, pas de méprise, ce rendez-vous n’a rien de sexuel. Pour une rencontre professionnelle, tu fais un 5 à 7. Pour débriefer le discours de ton boss, tu fais un 5 à 7. Pour célébrer la sortie d’un livre, tu fais un 5 à 7. Pour fêter les 10 ans de ta boîte, tu organises un 5 à 7. Tu vas dans un bar avec tout ce monde là et tu bois des coups. Le «parté» de Noël est donc une sorte de méga 5 à 7.

Lors de notre première année ici, Chéri a participé à son premier «parté». Le pauvre, il a dû se rendre chez son chef avec un cadeau. La discussion a été longue et le choix ardu. Il avait opté pour le jeu des petits cochon. Ce qu’il ne savait pas, c’est qu’un jeu était organisé pour tirer les cadeaux au sort. Or, il ne connaissait pas les règles! Résultat : un de ses collègues s’est retrouvé dépité avec le jeu des petits cochons après avoir tenté toute la soirée de le refourguer. La deuxième fois, il avait prévu le coup. Il s’est pointé chez sa chef adjointe avec des cuisses de canards confites rapportées de France. Il a eu un succès fou et tous ses collègues se sont disputé sont lot!

Chéri a placé la barre très haut et je ne suis pas mécontente d’emmagasiner des points airloose. Car oui! Les conjoints ne sont pas invités. Quel dommage.