Voilà, on y est. Après 8 mois et demi passés à couver mon petit poussin, je retourne au boulot. Dans une semaine, mon cerveau devra à nouveau fonctionner normalement. Je devrai (sous peine de passer pour une folle) parler à la première personne du singulier, essayer de me souvenir des 10000 mots de vocabulaire que j’utilisais avant, prendre garde à laisser les taches de bave et autre régurgitation à la maison, bref, retourner dans le monde des adultes.

Non seulement je reprends le boulot, mais je change d’employeur. Je quitte un travail avec des horaires certes pas idéales, mais prévisibles, pour une grande entreprise audiovisuelle publique (suivez-mon-doigt-je-ne-vise-personne) qui ne m’offre aucune certitude sur mon emploi du temps. Quelle drôle d’idée! Vouloir réussir, ou du moins m’amuser, professionnellement, et en plus, élever un enfant.

En fait j’ai l’impression d’être conditionnée par des siècles de domination masculine, par un schéma que je n’ai pourtant pas connu, puisque mes deux parents ont toujours bossé. J’ai l’impression de devoir faire un choix. Entre un boulot qui m’éclate et être une mère présente.

Pour l’instant, je fais le pari des deux. Je ne serai sans doute pas toujours là pour aller chercher Babychou à la garderie, mais quand je le verrai, je serai tellement contente de le laisser me tirer les cheveux et me mordre les joues (c’est comme ça qu’il fait les câlins), de lui faire le coup de la ptite-bête-qui-monte-qui-monte-qui-monte, de le laisser baver tranquille sur mon épaule, de regarder sa nuque (qui est absolument magnifique) et de jouer avec lui. Et quand je verrai Babychou, il sera super content d’avoir une maman qui a la pêche, parce qu’elle s’éclate.