Il y a quelques semaines, j’imaginais la Californie comme un lieu propice à l’inspiration, la création, la réflexion. Je m’imaginais redevenir hippie, peut-être même fumant un petit joint. Je me voyais rouler le long du Pacifique en décapotable, foulard noué autour de la tête, lunettes de soleil sur le nez. (J’ai bien noté la contradiction avec la phrase précédente).

Vendredi, j’ai donc débarqué sur cette terre promise, à LAX, avec mari, enfant et amis. La réalité est un peu différente.

1ere idée reçue : quand on débarque à Los Angeles, on est un peu une star.

Après un vol un peu éprouvant avec un bébé qui refuse de dormir pendant les deux tiers du trajet, les mecs vont chercher la voiture de location, et les filles restent en plan, avec un bébé chacune dans les bras, un sac à lange dans l’autre. Babychou est mignon, dort un peu, patiente gentiment, mais il pue. Gênée par son odeur, j’ai du laisser tomber mes aspirations de star et changer mon bébé sur un chariot en équilibre qui vomissait des bagages tellement il y en avait. Malgré cette installation précaire et cette position fort impudique pour mon fils, je crois avoir réussi à faire comme si de rien n’était, et ce grâce à la paire de lunettes de soleil que j’avais judicieusement placée sur la tête.

2eme idée reçue : marcher le long du Pacifique, bras dessus, bras dessous avec son amoureux, échanger des baisers langoureux sur la plage, parler de l’avenir, rêver, s’y croire.

En réalité, aller à la plage à Los Angeles prend du temps. Trouver une place de parking pour son gros van (ben oui parce qu’avec des sièges auto, on ne va pas rouler en décapotable) prend du temps. Et si pendant le trajet les bébés n’ont rien dit, ils ont moins compris l’intérêt de courir sur la plage, de se jeter dans la mer et de sentir le soleil sur sa peau. Et alors que je tente de rassurer Babychou dans son porte-bébé et de lui expliquer les bienfaits du soleil, je croise un couple tout droit sorti d’un catalogue de vacances pour la Californie. Lui, super canon tellement il a l’air californien, dans son élément. Elle, pas mal mais faut pas non plus exagérer : c’est quand même pas si difficile d’avoir l’air californien quand on vit en Californie. Et ce couple avait un bébé californien qui avait de son côté l’air très à l’aise sur la plage et sous le soleil.

On s’est finalement résolu à aller boire un Coca au bar de la plage, à l’ombre. Un quart d’heure plus tard, nous étions repartis pour la maison, avec des bébés un peu agacés par nos envies de faire comme si rien n’avait changé depuis qu’ils sont là.