Il fait froid (ben oui c’est l’hiver), aucun cours de gym avec bébé prévu aujourd’hui (ben non c’est le vendredi), pas de séance de physio en perspective, ma copine Caroline a une to-do-list longue comme le bras… Que faire pour s’occuper? Comment donner un sens à une sortie avec bébé? Trop facile! Je vais aller chez Jean Coutu!

Ami français, Jean Coutu, c’est un peu comme Monoprix, mais version Prisunic, sans les fringues, avec des couches et plein de produits (enfin quelques) pour ton bébé, une pharmacie au fond et des chips que tu peux acheter en attendant ta commande de médicaments. Mais pendant l’attente, qui peut être longue (mais pourquoi est-ce toujours aussi long?!), tu peux aussi lire des fiches sur l’eczéma, la prostate ou le diabète, ou encore prendre ta tension. En mangeant des chips.

Alors qu’à cela ne tienne, me voici partie chez Jean Coutu, mon fils dans le porte-bébé. J’avoue que l’aventure n’est pas très excitante, mais ça nous fait une sortie, et avec un bébé, on a toujours une bonne raison d’aller chez Jean Coutu.

Aujourd’hui, je suis donc allée acheter des couches et du lait en poudre (mais wouhaouuu c’est super le congé maternité!). J’en profite pour faire le tour des spéciaux (ndlr : des promotions, quoi) au rayon bébé, je jette un oeil au rayon vernis à ongle (que j’ai découvert à l’occasion d’une de ces sorties, si si), je prends de la lessive parce qu’elle est en promo. Au détour du rayon bébé, je croise une autre maman, qui a préféré la poussette pour sa sortie au Jean Coutu. Elle est super bien habillée, pomponnée comme il faut, lunettes de soleil sur le nez et une coupe de cheveux qui même avec le bonnet reste impeccable. Je la regarde, j’essaie de me regarder mais je ne peux pas, mon bébé occupe la moitié de mon corps. Je me souviens que j’ai enfilé un jean qui commence à être un peu large, mes bottes de neige et un sweat improbable, qui peut témoigner des quelques baves et régurgitations de Babychou. Je la regarde encore et je soupire, puis je me dirige tranquillement vers les caisses (ben oui, j’ai le temps).

La caissière m’accueille avec un grand sourire, me demandant gaiement et avec beaucoup d’entrain (un peu trop pour la Parisienne que je suis) si j’ai trouvé tout ce qu’il me fallait. Décontenancée (même au bout de bientôt trois ans à Montréal) devant cet enthousiasme, j’hésite à répondre : « De quoi je me mêle? » (oui, je suis Parisienne), mais je préfère balbutier : «Euh, oui…». La gentille caissière me demande ensuite si je veux un sac. J’hésite encore… «Ben non c’est pas la peine, tu vois bien que j’ai un bébé sur le ventre et qu’avec ce que j’ai acheté je ne vais pas trop galérer à tout porter sans sac, merci», j’opte plutôt pour : «Oui, s’il-vous-plaît. C’est très aimable, merci beaucoup.»

De retour chez moi, le fiston dort toujours. Je le dépose délicatement dans son lit, je me fais un thé, échange mon sweat contre un pull sans tâches, je prends un bouquin et m’installe sur le canapé, satisfaite. J’ai fait ma sortie de la journée.